résultats pisa 2025 en France : analyse et enjeux pour la fondation cgénial
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L'OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Economiques) a publié les résultats de l'enquête PISA 2025 (Programme International pour le Suivi des Acquis des élèves). Si le constat global montre des moyennes historiquement basses en France, nettement inférieures à celles du PISA 2015, l'analyse détaillée des données françaises met en lumière des leviers d'action directs pour les missions de la Fondation CGénial.
Cette édition avait pour domaine majeur d'évaluation les sciences, ainsi que la compréhension de l'écrit et les mathématiques. Elle marque également l'introduction d'un nouveau domaine : « Apprendre dans le monde numérique ».
Un constat global préoccupant : recul des compétences et poids des inégalités
En France, les élèves obtiennent des résultats proches de la moyenne de l'OCDE en mathématiques, en compréhension de l'écrit et en sciences.Ce qui dénote est la baisse constante et marquée de la France au fil des études. Les résultats de 2025 comptent parmi les plus faibles jamais obtenus au test PISA en France, dans l'ensemble des trois domaines d'évaluation, et sont nettement inférieurs à ceux obtenus dix ans auparavant.
Pour rappel, dans la méthodologie PISA, 20 points représentent le rythme annuel moyen d'apprentissage des jeunes de 15 ans dans les pays participants, un repère utile pour comprendre les écarts évoqués ci-dessous.
Une culture mathématique en recul
La France obtient un score moyen de 458 points en culture mathématique, en recul de 16 points par rapport à 2022 et en dessous de la moyenne OCDE qui atteint 463 points.
L'enquête PISA définit la culture mathématique comme l'aptitude d'un individu à raisonner de façon mathématique, à formuler, employer et interpréter les mathématiques pour résoudre des problèmes dans des contextes du monde réel.
La pensée computationnelle, un nouveau marqueur
En résolution de problèmes par la pensée computationnelle (l'aptitude à formuler un problème pour qu'un ordinateur puisse le résoudre), la France affiche 497 points (moyenne OCDE : 500 points).
Filles et garçons : des compétences comparables, une orientation qui reste inégale
Les filles et les garçons affichent des performances cognitives équivalentes en sciences : 487 points contre 480 points.
Pourtant, les garçons restent plus nombreux à se projeter dans une carrière scientifique à l'âge de 30 ans (34 % contre 30 %).
Des inégalités sociales qui persistent en france
L'écart de score en sciences entre les 25 % d'élèves les plus favorisés et les 25 % les plus défavorisés atteint 100 points en France (contre 85 points dans l'OCDE).
Bien que cet écart se soit réduit entre 2015 et 2025, ce rapprochement s'explique par une baisse marquée des résultats des élèves favorisés, tandis que le niveau des élèves défavorisés est resté stable.
Un écart de performance avec le reste de l'OCDE qui interroge
Seuls 9,8 % des élèves français atteignent les niveaux de compétence supérieurs (niveaux 5 ou 6 dans au moins un des trois domaines), contre 11,9 % en moyenne dans l'OCDE.
Ces niveaux signifient :
- En sciences,des élèves capables d’appliquer, de manière créative et autonome, leurs connaissances scientifiques et leur compréhension de la science à une grande variété de situations, y compris inédites.
- En mathématiques, des jeunes capables de modéliser mathématiquement des situations complexes, ainsi que de sélectionner, comparer et évaluer les stratégies de résolution de problèmes les plus appropriées.
À l'inverse, 21,3 % se situent sous le niveau de base (niveau 2) dans au moins un domaine, contre 19,7 % en moyenne dans l'OCDE. Plus d'un élève sur cinq peine ainsi à réaliser des tâches du quotidien, comme interpréter un graphique simple ou comprendre la relation prix/quantité.
Ce resserrement par le bas et par le haut touche la plupart des pays de l'OCDE, mais deux traits distinguent la France : la vitesse du décrochage, parmi les plus rapides des pays de l'OCDE en compréhension écrite et en mathématiques, et le poids persistant de l'origine sociale en France. Face à ce constat, le ministère de l'Éducation nationale a fixé un objectif de retour dans le groupe de tête des pays de l'OCDE d'ici 2033.
L'appétit scientifique des jeunes français : un signal très positif

Loin d'un tableau uniquement pessimiste, l'étude PISA 2025 révèle un engouement fort des élèves français pour la culture scientifique.
La France au 1er rang de l'étude pisa 2025 pour l’intérêt des sciences
71 % des élèves de 15 ans en France déclarent s'intéresser à l'apprentissage des sciences, contre 61 % en moyenne dans les pays de l'OCDE.
L'intérêt pour une carrière scientifique en hausse : 32 % des élèves espèrent exercer un métier scientifique à l'âge de 30 ans, une part en hausse constante depuis 2015.
De manière générale, les élèves français sont curieux ! 75 % des élèves disent s’intéresser à beaucoup de choses, contre 73 % en moyenne dans les pays de l’OCDE.
La curiosité, la persévérance et l'utilité perçue de l'école sont des leviers de réussite en sciences
La curiosité, la persévérance et la valorisation de l’utilité de l’école sont le plus souvent associées à de meilleurs résultats en sciences. En France, une augmentation d'un point de l'indice de curiosité est associée à un gain de 14 points en sciences (après prise en compte du profil socio-économique).
Pourtant, moins d'un jeune français sur deux, estime que l'école les prépare bien à la vie adulte (45 % en France, contre 40,8 % en moyenne dans les pays de l'OCDE).
L'opinion quant à l'utilité de l'apprentissage à l'école se mesure par le pourcentage d'élèves se disant en désaccord ou en total désaccord avec l'affirmation : « L’école n’a pas fait grand-chose pour que je sois préparé(e) à la vie d’adulte quand je quitterai l’école ».
Des jeunes français curieux qui ne perçoivent par l'utilité de l'école : un enjeu pour la Fondation CGénial car donner du sens à l'apprentissage fait partie de nos missions. Faire pratiquer les jeunes grâce à des projets créatifs et innovants, les inciter à se rapprocher du monde professionnel, les faire rencontrer des intervenants et intervenantes issus du monde de l'entreprise.
Esprit critique, numérique et IA : le défi de l'évaluation de l'information

À l'ère de l'intelligence artificielle et de la désinformation, l'évaluation de l'information constitue un enjeu majeur. L'intention de vérifier est là, mais la pratique reste fragile.
vérification de l'information : l'esprit critique des élèves français à l'épreuve de la pratique
88 % des élèves français estiment qu'une information doit être vérifiée auprès de plusieurs sources fiables avant d'être validée (contre 83 % dans l'OCDE).
Toutefois, cela ne se retrouve pas forcément dans la pratique. Moins d'un élève sur deux (48 %) déclare à la fois vérifier la crédibilité des sources ET accorder davantage de crédit aux données scientifiques qu'au simple bon sens.
Ce constat est général à l'OCDE : la proportion d'élèves survolant les textes a presque doublé entre 2018 et 2025, favorisant les réponses rapides mais erronées.
ia générative et éducation : les élèves français l'utilisent sans forcément savoir évaluer ses réponses
En France, les élèves utilisent l'IA générative sans forcément avoir appris à s'en servir : 37 % des élèves utilisent des chatbots d'IA au moins une fois par semaine pour apprendre, mais moins d'un élève sur deux apprend à évaluer la qualité des informations fournies (46,8 %, contre 62,6 % en moyenne dans l'OCDE).
Par ailleurs, 26 % des élèves indiquent être distraits par des appareils numériques pendant les cours de sciences (28 % dans l'OCDE).
Dans un monde de plus en plus saturé d'informations, les élèves se révèlent moins disposés à mener une vraie réflexion leur permettant de discerner le pertinent de l'accessoire. Or, ce sont précisément les compétences les plus essentielles à l'ère de l'intelligence artificielle : savoir évaluer l'information, établir des liens entre plusieurs sources et faire preuve d'esprit critique.
La réponse de la Fondation CGénial face aux enjeux de PISA 2025
Le constat est contrasté : un appétit scientifique réel, mais des compétences fondamentales, un intérêt pour les études et un esprit critique fragilisés. Face à ce défi, redonner du sens à l’apprentissage est au cœur de nos missions pour remobiliser les élèves autour des sciences, des techniques et du numérique.
La Fondation CGénial déploie des actions concrètes sur le terrain :
- Renforcer l'apprentissage par projet, pour permettre aux élèves de tester et de comprendre les notions scientifiques, en faisant le lien entre ce qu'ils apprennent en cours et les applications dans le monde de l'entreprise.
- Développer l'esprit critique et la démarche scientifique, cruciale à l'ère de l'intelligence artificielle, pour apprendre aux jeunes à analyser l'information, manipuler les concepts et raisonner par eux-mêmes.
- Permettre aux enseignants et acteurs de l'éducation de découvrir les entreprises, leurs métiers, pour rendre l'apprentissage plus concret.
- Lutter contre les inégalités territoriales, en renforçant les actions en REP/REP+ et dans les zones rurales.
- Déconstruire les stéréotypes de genre dans les filières scientifiques et techniques, grâce aux ateliers Mix'I.T et à la rencontre de rôles modèles.
Transmettre la passion des sciences ne s'improvise pas : c'est une mission du quotidien menée main dans la main avec les enseignants et les acteurs industriels.